Le truc, avec l’abstinence prolongée, c’est qu’on ne la voit jamais venir. Un jour, le mec qui se promenait à poil dans votre vie vous détache une ruade et on aimerait bien remonter en selle rapidement mais les jours se succèdent et se ressemblent, s’additionnent, se multiplient et sans comprendre comment, soudain, vous réalisez que vous pourriez presque exprimer à la puissance 10 ces journées vides qui s’accumulent, sans aucune autre compagnie que votre jouet vibrant favori.
A ce moment-là, le désespoir vous a déjà envahi et vous vous dites que votre vie sexuelle est finie. A ce moment-là, le bon vieil orgasme à deux n’est plus qu’un vague souvenir qu’on ne se donne même plus la peine de convoquer pour atteindre l’acmé du plaisir. A ce moment-là, vous avez déjà compensé la frustration par de la bouffe bien grasse et réconfortante et vos hanches ne laissent plus passer votre pantalon tandis que votre ventre occupe le devant de la scène. A ce moment-là, – et c’est ça qui vous fait réagir ! – une simple poignée de main pourrait bien vous faire jouir.
La situation est critique.
Sursaut de combativité. Hors de question de passer le reste de votre vie à regarder d’un œil triste et envieux, les vieux comme les jeunes couples qui échangent leurs salives dans des baisers plus ou moins émoustillants ! – Certains vous font même apprécier votre situation de célibat forcé- Il faut prendre le taureau par les cornes pour pouvoir saisir à nouveau un homme par la queue.
Visite chez le médecin : Qu’est-ce que je fais pour me débarrasser de ça ? Vous demandez, en pointant votre bidon qui vous renvoie aussitôt l’offense. D’un ton docte, il vous explique sans pitié aucune qu’il faut arrêter de manger tout ce que vous aimez mais bon, ok, c’est pour la bonne cause. Ces derniers temps, vous aviez même du mal à nouer vos lacets, comme au bon vieux temps de votre grossesse.
Rha… C’que c’est bon de pouvoir à nouveau observer sa chatte sans avoir à rentrer le ventre jusqu’à l’asphyxie ! Votre hanche ne suit plus le mouvement quand vous avancez un pied et question de proportions, le ventre s’étant retiré, la fesse réapparaît dans son beau volume. C’est qu’on y prend goût ! Et soudain, alors qu’on évitait les miroirs comme un vaisseau spatial les trous noirs, on se surprend à prendre des poses lascives devant, histoire de répéter un peu avant la grande Première ! Ô joie ! Yes !! Toujours là, toujours vivante, toujours bandante ! Waouh… Bordel, vous ne pensiez pas que vous aviez toujours cela en vous ! Votre potentiel de sensualité semblait pourtant être aussi mort que Leo dans Titanic, avec ses lèvres bleuies et ses cheveux cristallisés !
Vous êtes le Phénix qui renaît de ses cendres, un tas de cendres bien refroidies à côté desquelles passaient sans sourciller des queues en file indienne, à l’infini… Et le premier mâle séduisant qui passe par là est soudain happé, pour son plus grand plaisir, par vos phéromones qui crèvent le plafond. Vous n’en faites qu’une bouchée – non, plusieurs, en réalité, et il vous le rend si bien, il aime tellement votre enthousiasme, que vous finissez par tomber un tout petit peu amoureuse de lui… Et bon, c’est là, juste à ce moment-là, que les emmerdes recommencent.
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