Comment ne pas tout faire foirer après une longue période d’abstinence ?

C’est une excellente question bien que je préfère vous le dire tout de suite, je n’ai pas la réponse.

A ce moment-là, on a l’impression d’être un vampire qui lutte contre la soif de sang, nos crocs poussent et on voit tout à travers un voile rouge passion, prélude à un déluge de mauvaises, mauvaises décisions…

Parlons-en, justement, des quatre phases du fiasco décisionnel.

Il y a la bonne décision de prendre une décision et de s’y tenir, garder le cap, quoi. Mais en l’espace d’une demi-heure, on trouve dix mille bonnes raisons pour faire une chose et dans la demi-heure suivante, dix mille autre raisons pour faire exactement tout le contraire. J’écris versus j’écris pas. J’appelle versus j’appelle pas. Et s’il écrit, j’attends qu’il propose un autre rendez-vous ou je m’étale métaphoriquement en offrande au Dieu du sexe ? Et s’il appelle, je feins l’indifférence ou je me répands en louanges sur ses talents manuels ?

Ensuite, il y a la bonne décision d’appliquer une peut-être bonne décision et de s’y tenir… Mais là encore, dans la troisième demi-heure (phase 3, vous suivez ?), on fait une chose, et dans celle qui suit, on en fait une autre qui est exactement à l’opposé de la première. Envoi d’un sexto à haute valeur érotique pour ensuite s’excuser d’avoir présumé, peut-être à tort, que ce moment torride vécu quelques heures plutôt serait suivi d’autres. Bref, on se fait les questions et les réponses toute seule. Un feu d’artifice de conneries qui ressemble à s’y méprendre aux signes d’une pathologie mentale lourde.

Et pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’on pète toutes les plombs à ce point-là ?! Ben tout simplement parce qu’on est affamées, voilà pourquoi ! De sexe, de tendresse, de contact physique ! Et si en plus de ça on est dénuées, à l’état naturel, de ces deux inestimables vertus que sont la patience et la tempérance – largement surcotées, si vous voulez mon avis-, si on a de toute façon toujours eu une forte tendance à l’impulsivité,  alors on fait et dit n’importe quoi et le mec en face commence à avoir des sueurs froides. Sur l’échelle de 1 à 10 des foirages relationnels, vous êtes à 12. Mais attendez, c’est pas fini, parce que malheureusement, comme pour les tremblements de terre, il faut compter avec les répliques et vous n’avez pas fini de merder. Et c’est chaque fois un peu plus pire, à tel point que votre coup d’un soir, que vous avez affublé des meilleurs sentiments, n’aura jamais le temps de les développer si jamais il y avait la moindre chance que cela arrive, ni de découvrir qu’en fait, vous êtes une personne tout à fait normale une fois passée l’épreuve du feu.

Bon, l’examen clinique est réalisé, maintenant, intéressons-nous au traitement : Comment sortir de cette spirale dévastatrice ? Ou mieux : comment ne pas y entrer ? Se faire confisquer son téléphone serait peut-être un début de piste. Résilier son abonnement internet. Se faire amputer des deux mains. Ou moins radical, se payer un bon psychothérapeute, un coach qui vous aide à gérer la reprise, à ne pas sortir sur blessure parce qu’au lieu de reprendre progressivement, vous êtes partie bille en tête dans l’idée de retrouver les sensations que vous éprouviez à votre meilleur niveau, tandis que tout le monde vous regarde avec des yeux ronds en pensant que vous avez perdu la raison. On a pitié de vous, vu de l’extérieur, c’est moche… Et pour cause ! On croirait que vous êtes sous acide. Vous planez, béate, dans un monde gouverné par vos hormones qui, hilares, viennent de faire un gros fuck à votre lobe frontal avant de lui claquer la porte au nez. Encore une fois.

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