Le dangereux courage qu’on se trouve après le verre de trop.

Ne jamais, JAMAIS appeler le mec qui fait des saltos arrière dans votre tête quand vous avez assommé le garde chiourme de votre esprit à grandes rasades d’alcool. C’est une des trois règles d’or.

Appeler bourrée, c’est comme traverser un dancefloor stroboscopé avec un verre plein à ras-bord : vous avez plus de chances qu’il vous pousse une deuxième tête que d’arriver de l’autre côté sans finir le cul par terre, douchée par votre whisky coca et tout le monde plié en deux de rire autour de vous.

On dit que le ridicule ne tue pas mais dans certaines circonstances, si, il vous fusille. C’est le peloton d’exécution devant lequel vous finissez sans possibilité d’interjeter appel. Vous avez été jugée par un tribunal exceptionnel qui ne rigole pas avec les entorses à l’élégance, et votre élégance, quand vous êtes faite, s’est pris un bon high kick à travers la tronche.

A partir de là, c’est du 50/50 : soit votre interlocuteur vous trouve un charme certain, une sincérité touchante et s’amuse des conneries que vous n’allez pas manquer de lui débiter, soit il découvre, atterré, votre capacité hors du commun à atteindre la perfection de l’idiotie.

Mais pour être honnête, même imbibée comme un baba au rhum, on conserve une part congrue de lucidité et c’est bien ça, le problème : malgré la brume alcoolisée qui vous enveloppe, votre conscience enregistre scrupuleusement les réactions du gars qui se tient en face de vous, de l’autre côté d’un écran ou d’une fenêtre de conversation. Si ces réactions entrent dans la seconde catégorie, l’effet produit s’apparente à un seau d’eau savonneuse que quelqu’un aurait balancé sournoisement sous vos pieds. Si, par contre, il s’en amuse, vous lui offrirez un show inénarrable dont il se souviendra longtemps avec tendresse. C’est juste une histoire de réactions en chaîne : si tu me trouves drôle et sexy, je serai drôle et sexy, si tu me trouves bouffonne, alors je serai bouffonne. J’ai vécu les deux situations, plus d’une fois, et c’est fou comme on peut dépasser ses limites dans un cas comme dans l’autre !

Après, une fois que vos reins ont déclenché le plan ORSEC et filtré votre sang pour en expurger le poison… Eh bien soit la honte vous dévore vivante et vous regrettez que la machine à remonter le temps n’existe pas, soit vous repensez, euphorique, à ce pur moment de bravoure où vous avez réussi à le faire rire.

Comme je disais, c’est du 50/50.

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