Pécho en temps de crise

Saperlipopette, le Covid 19 n’est pas décidément pas l’ami de notre libido ! Parce que nos petites hormones, elles, elles sont pas confinées ! Pas moyen de les plonger dans un coma artificiel en attendant des jours meilleurs…

Faut dire qu’en temps normal, pécho, c’est déjà assez compliqué comme ça : avec tout le tas d’obstacles que l’Univers place sur ta route, ça s’apparente douloureusement au saut de haies – et j’ai toujours été nulle au saut de haies, j’avais toujours peur de me prendre les pieds dedans et de casser mes dents et mon ego sur le bitume.

Bref, pour pécho, c’est un peu pareil, et grosso modo, voici les obstacles susmentionnés :

  1. Repérer le célib, et ça, dans un lieu où vous avez potentiellement le temps et l’opportunité d’entamer une parade amoureuse dans vos plus beaux atours… (mais sans les plumes, hein.) Bon, évidemment, le boulot est le premier endroit où vous avez tout le temps du monde pour mettre en place une stratégie en 45 étapes, et les lieux et les moments où vous pouvez l’acculer dans un coin du ring ne manquent pas, en général… avec un peu de culot et d’imagination.
  2. Trouver suffisamment de courage en vous pour le séduire intellectuellement. Ça implique une certaine dose d’assurance, assurance qui, dans les moments cruciaux, a tendance à se déliter comme un biscuit qu’on a trop laissé tremper. Pour certaines dont je fais partie, il faut beaucoup de temps pour en rassembler suffisamment. Agir trop tôt, c’est, à coup sûr croasser, au lieu de susurrer, des propos affligeants que votre cerveau en déroute propulse sur votre langue, et c’est comme ça qu’on se transforme, sans l’avoir voulu ni prémédité, en miss météo. Si par chance, vous fermez la bouche à temps, la situation n’en est pas forcément meilleure, car vous êtes alors frappée de mutisme tandis que votre regard, traîtreusement, porte alors toute la stupidité des propos que vous retenez. Dans ce schéma actanciel, l’adjuvant de force, c’est bien sûr… l’alcool ! Ta-daaa !!! Il ne vous reste plus qu’à mettre en place un plan machiavélique pour réunir les conditions de la réussite – euh… une seule, en fait : un bar licence IV – parce que bien sûr, boire au travail est assez mal vu. La juste dose (car il faut boire avec modération, sous peine de lui vomir sur les chaussures et alors adieu sa langue dans votre bouche) vous mènera tout droit aux portes du succès : vous retrouverez miraculeusement toute votre verve, votre humour, et cette gaucherie qui vous collait aux basques comme une ombre maudite se réduira proportionnellement à la quantité de bière qui quittera votre verre pour rejoindre votre flux sanguin.
  3. Et enfin, pratiquer. Parce que ça y est, entre deux demis, vous avez conclu un pacte salivaire qui devient immédiatement exécutoire, ce qui implique vous chez lui ou lui chez vous, pour en arriver à lui dans vous.

Ce plan sans prétention et néanmoins infaillible a cependant ses limites : il est irréalisable en ces temps de confinement. Car si on ne peut plus aller ni au bar, ni au resto, ni chez les potes, eh bien il nous reste… le Leclerc du coin (« Ça vous dirait de partager une boite de lentilles cuisinées façon du sud-ouest, avec moi, sur le parking ? »).

Bon, convenons ensemble qu’en pilotant notre caddie à la roue folle où trône le paquet de 48 rouleaux de PQ, sous la lumière blafarde du supermarché, on est quand même beaucoup moins à son avantage que dans l’étreinte de la lumière tamisée d’un bar à vin à la douce ambiance, où le volume de la musique vous accorde toujours une deuxième chance de vous répéter sans bafouiller. Donc, dans ce scénario sur fond de Gérard Lenormand, entre le rayon charcuterie et le rayon fromage, je ne vois pas comment cette entreprise pourrait être couronnée de succès, à moins de s’appeler Bridget Jones.

Alors voilà, on en est réduit à laisser traîner nos regards luisant de convoitise sur des corps bien trop vêtus en ces temps de froidure, et on les glisse mentalement dans nos favoris en se disant « plus tard…», avant de rentrer piteusement à la maison tandis que nos petites hormones organisent, tous les jours, des teufs clandestines.

Qu’est-ce qu’i’dit, déjà, ce con de Soprano ? Ah oui :

J’suis en feu

Ça sent le brûlé, ça sent
Ça sent le brûlé, appelle les pompiers !

Ça y est, vous l’avez dans la tête ? C’est un coup bas, oui, je sais, mais la frustration me rend mauvaise…

(Et puis pour ceux qui n’en peuvent plus d’attendre, des infos scientifiques utiles ici –> https://theconversation.com/coronavirus-et-sexe-quoi-faire-et-ne-pas-faire-en-periode-de-distanciation-sociale-134632)

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